L’essoufflement en plongée, avant qu’il ne s’emballe
L’essoufflement vient d’un excès de gaz carbonique dans le corps. Pour le stopper : arrête tout effort, expire longuement et à fond, préviens ton guide et garde ton détendeur en bouche. Ne redescends jamais en étant essoufflé.
Isobare › Articles, mis à jour le 12 octobre 2026
D’où vient l’essoufflement
Sous l’eau, chaque inspiration demande plus d’effort qu’en surface : l’air que tu respires est plus dense, et le détendeur oppose une petite résistance. Si tu fais un effort (palmer contre le courant, remonter un mouillage, porter une caméra), tu produis plus de gaz carbonique (CO2). Si tu respires vite et court, tu n’en évacues pas assez.
Le CO2 s’accumule, ton cerveau réclame de respirer plus vite, tu respires encore plus court, et l’excès de CO2 augmente. C’est un cercle vicieux. Sans réaction, il peut finir en sensation d’étouffement, en panique et en remontée incontrôlée.
Les signes à reconnaître
- une respiration rapide et superficielle, avec la sensation de « ne pas avoir assez d’air » alors que la bouteille est pleine ;
- un détendeur qui semble « dur » ;
- le besoin de prendre une grande inspiration sans y parvenir ;
- une montée d’angoisse ;
- chez un autre plongeur : un rythme de bulles qui s’accélère, des gestes saccadés, des yeux écarquillés derrière le masque.
La conduite à tenir
- Arrête l’effort. Cesse de palmer. Si tu es dans le courant, accroche-toi à un rocher, sans abîmer le fond si tu peux, ou mets-toi à l’abri.
- Expire. Souffle longuement et complètement, jusqu’au bout. C’est l’expiration qui chasse le CO2. L’inspiration suivante sera naturellement plus ample.
- Préviens. Fais le signe de l’essoufflement à ton guide : la main à plat qui bat devant la poitrine. Il va s’arrêter, te stabiliser et te faire remonter de quelques mètres si besoin.
- Garde ton détendeur en bouche. Le réflexe de le retirer pour « mieux respirer » est le plus dangereux de tous.
- Ne redescends pas avant d’avoir retrouvé une respiration calme. Remonter de quelques mètres soulage : l’air y est moins dense.
Ton guide peut décider de mettre fin à la plongée. C’est une décision normale, pas un échec.
Les causes qu’on peut éviter
- Le surlestage. Trop de plombs t’obligent à palmer pour rester à niveau et à gonfler ton gilet, ce qui augmente l’effort. Fais vérifier ton lestage en début de saison.
- Le froid. Il accélère la respiration. Une combinaison adaptée à la température de l’eau évite une partie du problème.
- Le stress. Un départ en retard, un équipement mal réglé, une première plongée en mer : tout cela accélère la respiration avant même de descendre.
- Le matériel. Un détendeur mal entretenu respire moins bien. En location, signale un détendeur qui te paraît dur.
- Le rythme. Palme lentement, avec des mouvements amples. En plongée, on ne gagne rien à aller vite.
Si c’est ton binôme qui s’essouffle
Au Niveau 1, tu n’as pas à gérer seul un plongeur en difficulté : c’est le rôle du guide. Mais tu es souvent le mieux placé pour remarquer que ton binôme respire trop vite. Ton rôle :
- attirer l’attention du guide tout de suite, par un signe ou en tapant sur ta bouteille ;
- rester près de ton binôme sans le bousculer ;
- ne pas t’essouffler à ton tour en palmant vite pour aller chercher de l’aide.
Le guide va le stabiliser, l’aider à expirer, le remonter de quelques mètres et décider de la suite. Après la plongée, parlez-en : savoir ce qui a déclenché l’essoufflement (lestage, froid, effort, stress) aide à l’éviter la fois suivante.
L’essoufflement et la surpression pulmonaire
Les deux sont souvent étudiés ensemble, mais ils n’ont pas la même cause. L’essoufflement est un excès de CO2, qu’on soigne en expirant. La surpression pulmonaire vient d’une remontée en bloquant sa respiration : l’air des poumons se dilate et les abîme. Le lien entre les deux, c’est la panique : un plongeur essoufflé qui remonte en flèche en retenant son souffle cumule les deux risques. D’où la règle : on se calme d’abord, on remonte ensuite, en soufflant.
Pour l’examen du Niveau 1
L’essoufflement fait partie des accidents et incidents au programme, avec le froid, les oreilles et la surpression pulmonaire. Les questions portent sur la cause (le CO2, pas le manque d’air), sur le signe à faire et sur la conduite à tenir. Retiens l’ordre : stop, expire, préviens.
Vérifie-le avec le quiz Isobare : dix questions sans compte, chacune corrigée avec la règle à retenir.
Questions fréquentes
L’essoufflement veut-il dire qu’on manque d’air dans la bouteille ?
Non. Le bloc peut être plein. L’essoufflement vient d’un excès de CO2 dans le corps, pas d’un manque d’air dans la bouteille. Regarde ton manomètre pour en avoir le cœur net.
Quel est le signe de l’essoufflement en plongée ?
La main à plat, paume vers soi, qui bat devant la poitrine, comme un soufflet.
Faut-il remonter quand on est essoufflé ?
Remonter de quelques mètres, avec le guide, aide à récupérer. On ne remonte pas en flèche, et on ne redescend pas tant que la respiration n’est pas redevenue calme.
Peut-on être essoufflé sans faire d’effort ?
Oui, à cause du froid, du stress ou d’un matériel qui respire mal. L’effort reste la cause la plus fréquente.
Sources : Club APO, cours théorique Niveau 1 (support de club FFESSM) ; UPClub, théorie Niveau 2, les accidents de plongée.